Manga : Post apocalyptique - Eden



Cette histoire se passe dans le futur, après l'apparition d'un virus qui décime une partie de l'humanité : celui-ci calcifie la peau des personnes infectées et liquéfie les organes internes, les laissant dans des souffrances atroces. Ce qui a accéléré également les travaux sur la cybernétisation des organes et membres qui ont dus être amputés pour enrayer la propagation du virus au reste du corps. Histoire portée entre terrorisme, biotechnologie, policier, mafia et affaires géopolitiques complexes. Proche de la mouvance cyberpunk pour sa violence graphique et la croissance du nombre d'individus cybernétisés. Manga d'anticipation vivement conseillé, pour jeune adulte, et adulte. La violence des images, couplée au réalisme extrême de l'histoire (et cela malgré son contexte de science-fiction) et de ses personnages extrêmement travaillés, en fait un manga puissant à ne cependant pas mettre dans toutes les mains.

 

BD : Erotico-post-apocalyptique : Druuna

Quoi de mieux pour présenter cette bande dessinée "érotico-pornographique post-apo" qu'une interview de Bodoï !?

Bodoï: Vous êtes né un 29 février à Venise, vous êtes donc un jeune homme de 12 ans...

P.E.Serpieri: Oui, vous voyez, je suis une sorte de petit prodige...(rire)

Bodoï: Quelle importance revêt la BD dans votre œuvre?

P.E.Serpieri: La BD est aujourd’hui ma principale activité, une recherche continue et une grande passion, celle de raconter des histoires conjugant images et littérature. Mais j’ai enseigné le dessin, la fresque et la peinture pendant des années. J’ai surtout consacré mes débuts à la recherche en peinture dans un registre figuratif et expressionniste, avec mon maître Renato Guttuso. Puis, afin de sortir de ce piège, j’ai eu recours à de nouvelles matières, ce qui m’a amené jusqu’à l’abstraction. C’est alors que j’ai vraiment senti le besoin de raconter, de mettre en scène des corps, d’où le recours à l’hyperréalisme. C’est vers 1975 que des éditeurs m’ont proposé de faire de la BD. J’avais à cet égard beaucoup de préjugés, puis je me suis rendu compte qu’il y avait des très grands auteurs en bande dessinée comme Pratt ou encore l’Argentin Salinas.

Bodoï: C’est donc une passion plutôt tardive?

P.E.Serpieri: Non : les westerns, très tôt, m’ont amené à la BD. Avec mon frère, j’essayais de revivre à la maison la magie de ce genre de films en les redessinant, en ajoutant d’autres personnages, en fouillant leur personnalité. Mais pour moi, il n’y a pas de compétition entre le cinéma et la BD : la bande dessinée, c’est de la littérature en images, exercice presque impossible à réaliser au cinéma...

Bodoï: Quel est le rapport avec Druuna?

P.E.Serpieri: L’Indien représentait pour moi l’Alien, l’autre, avec ses mystères à déchiffrer... et j’éprouve encore une véritable fascination pour les grands espaces et les scènes de batailles traitées à la Remington. Avec la science fiction, dans Morbus Gravis, je retrouve un peu de cet envoûtement à l’égard de l’inconnu, de la frontière... et avec Druuna, la fascination pour l’Autre...

Bodoï: Vous parliez de littérature. Qui sont les auteurs cités dans Druuna X2?

P.E.Serpieri: Ce sont des poètes français du XVIIIe siècle, époque qui marque l’apothéose du libertinage. Poupelinière, par exemple, est un grand auteur qui me permet d’évoquer l’érotisme contemporain avec une connotation un peu aristocratique. Druuna y a sa place : figure emblématique de l’érotisme actuel, elle est aussi intemporelle, comme le plaisir.

Bodoï: Vous êtes un aristocrate de la BD?

P.E.Serpieri: Franchement, je m’adresse ici à un public raffiné recherchant des plaisirs cérébraux. La littérature érotique est par nature très cérébrale et elle s’adresse avant tout à l’individu. Même quand elle a un simple rôle de communication, elle constitue un rapport de personne à personne, individualiste, donc en définitive élitiste.

Bodoï: Le cycle Druuna s’est vendu à environ 1 million d’exemplaires, n’y a-t-il pas là une contradiction?

P.E.Serpieri: Disons qu’à travers des livres comme Druuna X et Obsession, je cherche un public différent pour qui le texte est aussi important que l’image. La littérature donne une dimension presque musicale à ces livres où l’image n’est pas forcément exactement en rapport avec le texte... Mettre au plus beau du beau l’érotisme, c’est en faire une sorte d’opéra, lui donner un contrepoint tonal...

Bodoï: Druuna, c’est plutôt votre côté fanfare et majorettes?

P.E.Serpieri: Disons que Druuna est un personnage excessif, notamment à cause de sa poitrine, mais la BD est aussi un art de l’exagération et Druuna représente pour moi la Femme en général. Si les livres de Druuna X plaisent à 20 % des lecteurs de Druuna, ce sera déjà pas mal, en tout cas, je ne veux pas me trahir. Si je réfléchis à ce que veut le lecteur, cela devient une commande et je suis profondément allergique à cela.

Bodoï: Vous n’avez jamais travaillé sur commande?

P.E.Serpieri: Si, quand j’ai débuté en BD, je travaillais avec différents scénaristes, mais ils changeaient tout le temps, et j’entrais souvent en conflit avec eux. A partir des années 80, j’ai commencé à travailler seul et depuis Druuna, plus personne ne me fait de propositions. L’éditeur italien Bonelli, chez qui j’ai débuté et qui fait surtout travailler ses auteurs en studio, voudrait me faire refaire un western, mais les scénarios sont très rigoureux et je m’y sens à l’étroit. Reste que si quelqu’un me propose un beau texte...

Bodoï: Qui pourrait vous faire un scénario aujourd’hui?

P.E.Serpieri: Difficile à dire. Pour le Far West, je pense à un grand fumettiste italien du nom de Gianfranco Berardi. Jodorowsky est un peu trop mystique pour moi, mais il y a Moebius... En fait, je suis très individualiste et je n’aime pas la sève des autres.

Bodoï: Qui sont vos amis dans la BD?

P.E.Serpieri: Je me sens proche de créateurs tels que Druillet ou Bilal, ils sont ma vraie famille.En Italie, je fréquente certains dessinateurs de Rome où j’habite, mais il y a dans ce pays un sérieux conflit entre la BD populaire et la BD d’auteur. Certains fumettistes ont une forme de paranoïa et envient mes privilèges d’“auteur”. Je suis entré par la grande porte dans la BD, je n’ai jamais été obligé de me justifier, que ce soit auprès des auteurs, des lecteurs ou des critiques. Et mon personnage m’appartient, j’en fais ce que je veux à mon rythme.

Bodoï: Vous avez, dit-on, horreur d’être comparé à Milo Manara ou même d’en parler...

P.E.Serpieri: Comment dites-vous ? Manara? (rire). Non, je plaisante : Milo fait une BD très raffinée, je l’aime beaucoup, j’apprécie son érotisme et son trait, je le lis volontiers, mais j’ai pris une autre direction. La femme m’intéresse pour beaucoup plus de raisons que lui, je suis plus proche du corps de la femme, de sa chair, de ses rondeurs, de son cul... Je travaille plus sur l’élément sculptural, les volumes, les sens et les sensations. Manara a un dessin peut-être plus beau mais plus plat.

Bodoï: Et Liberatore?

P.E.Serpieri: Je réfute totalement que le plaisir ait partie liée avec le péché, c’est même un véritable combat que je mène. A la différence de Liberatore, je ne suis pas sexuellement stimulé par les odeurs de sacristie! Liberatore est un grand illustrateur que je respecte, il a contribué à élever le niveau de la BD, mais côté scénario, ses arguments sont un peu gamins.
Bodoï: Rappelez-moi... vous n’avez pas dessiné la Bible pour les Editions Larousse?

P.E.Serpieri: Si, mais je suis aussi un professionnel et c’était une commande. D’autre part, j’ai un grand respect et une réelle fascination pour la figure de Jésus Christ, qui est parmi les plus belles, fortes et émouvantes de l’histoire de l’homme. Mais je suis totalement agnostique. La Bible est amusante, c’est un monde aventureux que j’ai aimé recréer, mais cette histoire restera une parenthèse dans ma vie.

Bodoï: Que jugez-vous vulgaire ?

P.E.Serpieri: L’esprit obtus et le moralisme. La représentation du sexe n’a rien de vulgaire sauf quand le sexe est mythifié, que l’acte est parfait, épuré, joli, ou s’il est lié à la violence. La pornographie, représentation répétitive d’actes sexuels dans leur continuité, est barbante mais pas vulgaire. Reste qu’en Italie, la vulgarité, pour moi, c’est surtout la prévarication.

Bodoï: Le sexe vous a rendu riche ?

P.E.Serpieri: (Rire) Ça, c’est une question vulgaire. Je vis bien, mais je ne fais pas ce que je fais pour l’argent, ce n’est pas mon moteur.

Bodoï: Vous avez eu des moments difficiles avec la censure?

P.E.Serpieri: Oui, en France, quand mon éditeur Dargaud a été vendu à Média Participation, son catalogue Image Passion dont je faisais partie a été négocié à un autre éditeur parce que les repreneurs trouvaient que son contenu n’était pas conforme à leur éthique, et Druuna s’est arrêté. A la même époque, dans Charlie-Pilote qui me publiait, le deuxième Druuna s’est interrompu parce qu’on voulait censurer certaines images. Je leur ai dit d’aller se faire foutre et je suis parti ; il y a eu trois pages blanches dans le journal avec la mention “ censuré ”. J’ai aussi des problèmes aux Etats-Unis : quand un sexe d’homme est représenté, on le cache derrière une bulle car c’est assimilé à de la pornographie.

Bodoï: On rapporte que la saga Druuna est née d’un cauchemar...

P.E.Serpieri: Exact, et au sens propre : dans ce rêve, je me trouvais dans une grande salle, un grand espace plein de détritus, avec des escaliers en colimaçon qui descendaient vers une sorte de cité souterraine d’où sortaient des êtres monstrueux et des cris terrifiants. Il y avait une grande verrière qui m’empêchait de remonter vers l’extérieur. Des monstres apparemment immobiles s’approchaient insensiblement de moi. C’était une sensation terrible. J’ai eu alors l’idée de raconter l’histoire d’une ville qui aurait plusieurs niveaux, avec en bas l’enfer peuplé de monstres et en haut une sorte de paradis représentant le salut. Le personnage féminin ne devait pas être le personnnage principal, mais Druuna a pris le pouvoir et a fini par s’imposer.

Bodoï: Elle n’est pas devenue un peu encombrante ?

P.E.Serpieri: Oh ! Parfois, on se fâche un peu, elle crée des problèmes avec ma compagne, mais c’est une intrigante qui reste dans mon dos à me regarder vivre.

Bodoï: Elle peut vieillir?

P.E.Serpieri: C’est un grand problème en bande dessinée. Crépax l’a fait pour Valentina, mais avec Druuna, ce serait dommage... Inutile de renchérir sur la réalité...

Bodoï: Il semble que Druuna existe réellement?

P.E.Serpieri: Je n’aime pas en parler. Si on lit cette interview en Italie, ça pourrait me poser des problèmes personnels, et je n’en ai pas du tout envie. Disons que ce fut une rencontre très belle mais frustrante. Bien sûr, je me retourne volontiers dans la rue pour regarder une chute de reins - c’est la partie de l’anatomie que je préfère et de loin - mais j’étais en train de regarder une vitrine, via del Corso à Rome, quand elle est passée. J’ai vu le reflet de son visage, j’en suis resté stupéfait. Elle avait un très beau corps dans une petite robe légère, très étroite et fluide, elle avait les yeux noirs. Immédiatement, j’ai voulais revoir ce visage apparu dans la vitrine. Mais je me suis rendu compte que je n’étais pas seul, qu’il y avait plein de types qui la suivaient déjà...


Bodoï: Que signifie le nom de Druuna?

P.E.Serpieri: Cela vient de livres sur les Celtes que je lisais à cette époque. Une de ces tribus s’appelait les Druuni. J’ai trouvé intéressant le paradoxe entre la réalité de Druuna et le souvenir de ce monde antique. Son nom évoque aussi la lune, les dunes, les brunes. Et j’aime beaucoup les brunes...

Bodoï: Et Shaastar?

P.E.Serpieri: Son nom vient aussi de l’histoire celtique. C’est un être à l’image mystérieuse, héroïque, très complexe et tourmentée, qui intervient toutefois dans les histoires comme un point de repère.

Bodoï: Et Morbus Gravis?

P.E.Serpieri: C’est la maladie. Morbos, thème de cette saga, signifie Le Mal. Initialement, ce devait être le titre en français, mais j’ai préféré ce titre latin qui signifie le mal cruel, ou encore la peste..

Bodoï: Le virus du Sida venait aussi d’être identifié...

P.E.Serpieri: Oui, et il y avait sous-jacente cette idée de punition, de mal absolu et incurable, lié au plaisir et au péché, selon la définition qu’en a donnée l’église.

Bodoï: Druuna traverse toutes ses aventures en toute intégrité!

P.E.Serpieri: Oui, car elle représente la vie, qui est un thème typiquement féminin. Elle trouve toujours une solution à tout. L’homme, lui, reste souvent coincé car il est plus fragile.

Bodoï: Avez-vous été sauvé par des femmes?

P.E.Serpieri: Ma vie dépend entièrement de ces créatures. Mais je ne suis pas des ces Italiens pour qui l’amour démesuré de la femme ramène en fait à la mère, figure qui reste la compagne de leur vie. Je ne me fabrique pas non plus un tableau de chasse, je ne supporte pas que la femme se résume à l’idée de possession ou de domination.

Bodoï: Il y a presque toujours des Noirs dans vos histoires. Question de quotas ou de mensurations?

P.E.Serpieri: (Rire) Non, mes blonds aussi sont assez monstrueux à ce niveau-là !... C’est pour qu’il y ait des personnages masculins un peu différents, un peu intriguants par rapport à l’histoire, et ce n’est pas plus mal de scandaliser dans la mesure du possible.

Bodoï: Quand vous dessinez Druuna X, à quoi pensez-vous?

P.E.Serpieri: Je libère mes désirs profonds. J’essaie d’être le plus honnête possible, de raconter quelque chose qui fait partie de ma réalité, de ce que je vis ou essaie de vivre, pas tous les jours, bien sûr, mais disons une fois par semaine... (rire)

Bodoï: Vous travaillez sur quels formats?

P.E.Serpieri: De très grands formats pour mes peintures extrêmes, mes compositions les plus complexes. J’aime les grands gestes qui construisent des formes dans l’espace.

Bodoï: Druuna vous oblige plutôt à travailler du poignet, si j’ose dire.

P.E.Serpieri: C’est vrai...

Bodoï: Et le poignet bloque parfois?

P.E.Serpieri: Oui, alors je m’arrête, je pense, je fais autre chose. Ainsi, après avoir réalisé dix pages du prochain Druuna, La Planète oubliée, je me suis rendu compte que quelque chose ne collait pas. Alors, j’ai fait Druuna X2. J’ai pris un pied extraordinaire, puis je me suis remis avec joie à la BD.... Je peux très bien arrêter de nouveau cet album dans quinze jours pour me mettre à la sculpture par exemple, et y revenir ensuite: pour moi, l’illustration est à la fois nourrissante et libératoire, mais personne, il est vrai, ne m’oblige à rendre mon travail en temps et en heure!

Bodoï: Quelles sont vos limites ?

P.E.Serpieri: Je suis un perfectionniste : je ne retouche pas mon travail, je le refais. A l’origine, je n’écris jamais un scénario, mais un texte conçu comme un roman. Je dessine petit à petit, puis j’exécute le scénario en progressant en fonction des images. Les dialogues sont longtemps embryonnaires, je vis l’histoire, je reviens souvent en arrière. D’où ma difficulté à travailler sur un scénario d’un autre!

Bodoï: Quelles sont vos planches les plus achevées?

P.E.Serpieri: Celles d’Aphrodisia sont les plus satisfaisantes, les plus proches du résultat que je voulais atteindre. Mais Créatura reste la bible de cette saga, je m’y replonge régulièrement. Reste que j’ai toujours eu beaucoup de problèmes avec les éditeurs et imprimeurs par rapport à la couleur. Ils ont parfois beaucoup dénaturé mon travail, surtout dans les deux premiers volumes parus chez Dargaud, où la couleur est très affadie. Je me suis aussi senti trahi pour des questions d’impression et de photogravure. Il y a énormément de noirs dans mes planches qui parfois deviennent grises à l’impression. C’est quand même désespérant de voir une paire de fesses qui perd toute sa matière ! Pour les rééditions chez Bagheera, on a amélioré l’impression à partir des films d’origine, mais à terme, il faudra tous les refaire. Je suis également exigeant pour les textes : j’ai déjà achevé une vingtaine de pages du prochain Druuna, mais je peux très bien les refaire entièrement après avoir achevé le dessin.

Bodoï: Pour un peintre de formation, vous parlez très peu de couleur.

P.E.Serpieri: Oui, car dans mes histoires de mondes en putréfaction, les ambiances sont sombres, souterraines, claustrophobes, et la couleur reste un simple accompagnement qui donne l’unité. Seule Druuna doit contraster avec le monde où elle évolue, son corps sort littéralement du sombre, du noir, il en est encore plus existant. Mais quand elle se retrouve sur la plage, les couleurs éclatent.

Bodoï: Il y a du graveur en vous!

P.E.Serpieri: Oui, j’utilise cette technique un peu comme Moebius, ou à la façon de Gustave Doré dans ses illustrations de la Divine Comédie C’est la lumière qui crée les volumes : regardez les toiles du Caravage. Mais à la base, j’ai toujours utilisé le pinceau, puis la plume, le crayon, le feutre, ou même le Bic.

Bodoï: Vous pourriez abandonner Druuna à un autre dessinateur?

P.E.Serpieri: Impossible, c’est mon gros bébé, ma créature à moi. Pour Pilote il y a quelques années, des auteurs ilaliens s’étaient vu proposer d’échanger leurs personnages, et Sicomore avait dessiné Druuna tandis que j’héritais deTartan. Mais c’était un jeu et ça s’est arrêté là.

Bodoï: Et à un cinéaste?

P.E.Serpieri: Ce serait très difficile, je n’ai jamais trouvé une actrice adéquate, ni même un éventuel Ridley Scott qui puisse assumer mes décors. On me propose simplement des petits films érotiques dont je ne veux pas. Mais je peux vous annoncer qu’on réalise actuellement en Italie un jeu vidéo en 3D sur Playstation avec Druuna. C’est presque du cinéma tant c’est réaliste, et nous avons en projet la réalisation d’un film avec cette technique là, c’est-à-dire sans acteurs.

Bodoï: Druuna pourrait rencontrer Lara Croft?

P.E.Serpieri: Druuna est le contraire de Lara Croft, cette grande marionnette qui marche mal et n’a pas beaucoup de rapports avec l’être humain, au moins sur le plan graphique. Dans mon projet en 3D, Druuna est un peu caricaturale mais réellement vivante, et très réaliste, notamment au niveau du déhanchement.

Bodoï: On pose pour vous?

P.E.Serpieri: J’utilise des modèles de temps en temps pour des recherches générales sur l’anatomie, mais pas pour la BD. Personnellement, je fais beaucoup de photo, surtout du noir et blanc, pour repérer les ombres et lumières. J’ai beaucoup photographié ma compagne mais je n’ai jamais exposé : il faudrait son autorisation, ce qui est loin d’être acquis...

Bodoï: Que pensez-vous des femmes de Crumb, qui sera le prochain président du festival d’Angoulême?

P.E.Serpieri: Il sera président ?! Euh... C’est un auteur extraordinaire... J’aime beaucoup ses femmes qui sont intéressantes, mais un peu déprimantes.

Bodoï: Avez-vous été récompensé à votre juste valeur?

P.E.Serpieri: Je m’en fiche un peu. J’ai eu un prix en 82 au festival de Lucca et je me rends volontiers à Angoulême, malgré le travail sur les dédicaces qui me prennent parfois vingt minutes. C’est là que j’ai découvert que mon public est aussi bien masculin que féminin à 50/50 et que mes lecteurs ont entre 17 et 72 ans.

Bodoï: Vous y faites des rencontres amusantes?

P.E.Serpieri: Très ! Surtout dans les librairies. Une fois, à Bologne, une jeune lectrice a exigé gentiment que je lui dessine ma Druuna sur la fesse - accordé ! Ce sont les femmes qui s’approprient le mieux le personnage de Druuna. Quant aux hommes, j’ai encore constaté récemment, lors d’une tournée des librairies dans le sud de la France, que chacun d’entre eux pense vivre avec sa propre Druuna. Mais quand je demande qu’on me la présente, bien sûr, il n’y a plus personne...

Bodoï: Dans quel état d’esprit êtes-vous aujourd’hui?

P.E.Serpieri: Je me sens serein. Je voudrais travailler beaucoup plus, mais j’ai aussi besoin de recul et de qualité de vie : on doit pouvoir vivre ce qu’on veut raconter et raconter ce qu’on vit. Je peux avoir des conflits intérieurs, mais c’est créatif, et pas question de faire du bon fantastique si on vit au fond de son studio.

Ref : druuna.net

Manga : Post-apocalyptique - Dragon Head



Le voyage de classe s'était déroulé sans problème notoire pour Teru et ses camarades jusqu'à ce que cette lueur apparaisse au loin dans la montagne. Une fraction de seconde aura suffit pour que le train qui transportait les élèves ne déraille au moment où il s'engageait sous le tunnel... Telle une bête touchée en un point vital, le train agonisait couché sur un côté avec à son bord un amoncellement de cadavres empilés les uns sur les autres. Un véritable carnage en règle duquel seul Teru, jeune lycéen à l'esprit positif et débrouillard, se sort vivant avec quelques égratignures. A la manière de Robinson Crusoe, il va devoir apprendre à s'organiser. Seul, bloqué dans un tunnel aux extrémités écroulées dans le noir total, il va passer par tous les états : cherchant une sortie, paniquant pour un rien, appelant à l'aide ou même marchant à travers les morts en vue de quelques survivants en mauvais état.



Beaucoup de questions surgissent alors dans les esprits embrumés des rescapés : seront-ils secourus ? La cohésion entre les différents membres du groupe se maintiendra-t-elle ? Et surtout quelle est l'origine de la catastrophe qui semble avoir sévi sur la région, voire le Japon tout entier ?




Texte : ( ref ici )

Manga : Post apocalyptique - Dominion Tank Police


Un tank " araignée " terrorise Newport City. Ridiculisée, la Tank Police essaie maladroitement de faire face aux dangers. Cette fois-ci, ce n'est pas un bandit idéaliste et débonnaire qui menace le fragile équilibre de la mégalopole, mais une corporation tentaculaire et impitoyable. De retour sur le devant de la scène, Léona, Brenten, Bonaparte et les toujours sexy soeurs Puma rivalisent de fantaisie et d'excentricité pour combattre un ennemi déterminé, qui maîtrise parfaitement les derniers chefs d'oeuvre de la technologie.

Décomplexes, respirant le suspense et la bonne humeur, les nouveaux épisodes de Dominion Tank Police rendent de superbes hommages aux univers de SF créés par le cinéma et la littérature. Continuant le célèbre manga de Masamune Shirow (Ghost in the Shell) le pape du cyberpunk nippon, New Dominion est truffé de gags hilarants et de rebondissements haletants.





Film : Wilderness

Après avoir poussé au suicide un de leurs compagnons de cellule, une bande de jeunes délinquants est envoyée sur une île pour un stage de réinsertion et d’apprentissage de la survie en groupe. Ils se croyaient seuls mais leur séjour va tourner au carnage alors qu’ils se retrouvent pris en chasse par une meute de chiens féroces…

Après un Deathwatch qui comportait de beaux moments de frayeur, malheureusement enlisés dans un métrage encore non vraiment maîtrisé et qui n’allait pas au bout de son sujet, Michael J. Bassett nous revient en grande forme avec Wilderness, un survival bien violent, qui s’il ne réinvente pas le genre a au moins le mérite de ne pas tromper le spectateur sur son contenu. Mixant allègrement des influences de titres aussi divers que Battle Royale, Deliverance mais aussi The Most Dangerous game ou encore To Kill a Clown, le réalisateur nous offre ici un spectacle haletant, imprégné de tension et ne lésinant pas sur les effets sanglants. L’ensemble démarre de manière plutôt classique alors que nous faisons connaissance avec les divers protagonistes, des taulards peu recommandables, envoyés sur une île inhabitée suite au suicide d’un de leur compagnon de cellule, souffre douleur de la petite bande. Servant habituellement de lieu d’entraînement pour l’armée, les prisonniers accompagnés d’un instructeur vont rapidement déceler les signes avant-coureurs d’une présence menaçante sur ces terres normalement désertées. La petite bande est composée de personnages aux caractères très variés voire opposés, ce qui ne va pas manquer de provoquer de violentes tensions.

(ref : http://www.animalattack.info/wordpress/wilderness)

Film : Troll hunter - du norvégien avec des trolls !

La Norvège, son grand froid, ses fjords, ses étendues de forêt encore jamais foulées par les pieds humains et… ses trolls ?!!


Il semblerait bien que le gouvernement nordique cache des choses à ses citoyens et au reste du monde et qu’il est visiblement décidé à tout faire pour garder leur secret intact, quitte à devoir effacer certaines preuves ou en créer d’autres pour mettre les touristes et curieux sur de fausses pistes… tu du du du du du (mais oui… c’est le générique de X-Files !)


Filmé en caméra subjective, c’est à dire comme Le projet Blair Witch ; caméra à l’épaule pour une meilleure immersion dans l’histoire et dans la peur, ce TrollHunter est une bonne surprise de festival comme on aimerait en découvrir plus souvent ! Dopé par un amour du cinéma de genre certain et malgré un budget que l’on sent serré (mais qui ne dessert en rien l’histoire et ses séquences clés qui sont parfaitement maîtrisées malgré le peu de moyens) le réalisateur et son équipe vont nous entraîner dans une aventure où rien ne se passera comme on le pense. Et c’est tant mieux !


Le film démarrant comme un métrage angoissant avec un prologue nous disant que des disques durs de caméra numériques ont été retrouvés et que les images récupérées ont bel et bien été identifiées comme réelles et non truquées, on a tout d’abord surtout peur de très rapidement s’ennuyer devant cette farce venue du nord. Puis on découvre petit à petit les différents protagonistes  qui nous permettent de nous intéresser un peu plus à cette histoire pas comme les autres que je qualifierais volontiers de fable ; mention spéciale au chasseur de trolls complètement fou, à qui on a confié tous les dialogues cultes, se rebellant en voulant raconter son secret à des journalistes, prétextant en avoir marre d’avoir un salaire de merde et des conditions sociales à la ramasse !!! Un humour omniprésent jouant avec ses légendes et taquinant du doigt son gouvernement. Le tout filmé dans ce grand pays polaire qu’est la Norvège, dans des paysages juste sublimes, avec de grands angles contemplatifs extraordinaires, on se laisse happer par le bonheur qui se dégage de cette œuvre pas comme les autres. C’est vrai que si vous espériez tomber sur un métrage qui vous marquera par un sens pointu de la mise sur les dents des spectateurs, vous pourrez être déçus. Pour les autres qui aiment se faire des soirées un peu folles de films dits OVNI (ou plutôt OFNI) je ne peux que vous conseiller cet excellent mélange intelligent de genres car, comme délire assumé pas connu, c’est rare de tomber sur mieux !

Comics : Post-apocalyptique - DMZ


L'histoire se déroule dans la ville de New York dans un futur proche. Une guerre civile entre les États-Unis d'Amérique et les États Libres fait rage. Les États Libres sont décrits dans le premier numéro comme étant principalement « le New Jersey et ses alentours », mais aucune autre information n'est donnée. La zone démilitarisée (DMZ) est située à Manhattan. Dans une interview1, Brian Wood explique qu'à l'origine les citoyens du centre des États-Unis se sont rebellés contre les politiques de guerre préventive du gouvernement, ce qui a déclenché la seconde guerre civile américaine.
Manhattan est quasiment vide, il ne reste plus que 400 000 personnes sur l'île (par rapport au 1,5 million recensées en 2000), essentiellement des pauvres qui n'ont pas pu être évacués. Wood décrit l'île comme « un mélange de New York 1997, de Falloujah, et de La Nouvelle-Orléans après l’ouragan Katrina ».


Le héros est Matthew « Matty » Roth, un jeune photographe naïf de Long Island, qui entre dans la DMZ avec une équipe de journalistes. À peine arrivée, son équipe est tuée lors d'une confrontation avec les insurgés. Matty devient le seul journaliste dans la DMZ et il commence à chroniquer la détresse quotidienne des citoyens de Manhattan. (cf : wikipedia)


Film : 20th Century Boys

2015. Quinze ans se sont écoulés depuis le Nouvel An Sanglant. L'histoire officielle raconte que Kenji et sa bande sont les terroristes à l'origine de cette apocalypse, tandis qu'Ami est vénéré dans le monde entier comme un sauveur. Il prédit la fin de l'humanité et annonce que ne seront sauvés que ceux qui croient en lui.

Depuis la disparition de son oncle Kenji, Kanna mène une vie d'adolescente rebelle sous la tutelle de Yukiji qui peine à honorer sa promesse de veiller sur elle.

Après des années de recherches, l'un des membres de la bande découvre l'existence d'un « Nouveau Cahier des Prédictions », qui décrit entre autres cet événement : « En 2015, dans une église de Shinjuku, un sauveur se dressera pour défendre la justice et sera abattu par un assassin. ».

Qui est ce sauveur ? Et encore et toujours, qui est Ami ?

À nouveau, le jugement dernier approche…

Ref : www.20th-century-boys.fr









BD : Post-apocalyptique - Chats


Didier Convard, auteur du triangle des secrets,  est aussi l'auteur de Chats ! Une BD aux allures post-apocalyptiques dont les personnages sont des ... des ? ... chats.

 Dans cette bande dessinée vous allez suivre la fuite des héros face aux loups et leur recherche du passé. Ce n'est pas la fin à laquelle vous pourriez vous attendre... La tension monte au fur et à mesure et nous plonge dans cette aventure avec brio.

"L'humanisme de cette BD est fort, Convard par son parti pris nous rappelle quelques règles de vie que l'homme a tendance à oublier." Cette BD parue en 1992 pour la première fois est plus d'actualité que jamais !

Voir : http://www.coinbd.com

Manga : Post apocalyptique - Blame


Peut-être sur Terre... Peut-être dans le futur... Killy est un cyborg taciturne qui erre dans une gigantesque cité labyrinthique, s'étendant sur des milliers de niveaux. Armé d'un revolver amplificateur de radiations et accompagné de Shibo, un scientifique, il part en quête du "net-gene", un programme qui aurait échappé à la contamination globale d'un virus informatique, et qui serait capable de gérer le monde.





Blame se déroule dans un univers high-tech et organique, où la chair fusionne avec le métal, à la croisée de Gunnm et d'Akira. La narration, très visuelle, mise essentiellement sur l'action et la création d'une ambiance moite et crépusculaire. Le contraste entre le décor minutieux et soigné et le côté"ébauche " des personnages, renforce l'atmosphère étrange et particulière qui émane de cette oeuvre. Un "donjons et dragons " moderne en plein univers cyber.



C'est perso, mais j'adore !

Nouvelle page : Illustrations

Vous pouvez découvrir tout de suite une nouvelle page avec de nombreux illustrateurs de Science Fiction ! Cliquez sur le menu | Illustrations | dans la barre des menus.

Manga : Post apocalyptique - Basara



Basara (BASARA) est un manga de Yumi Tamura initialement publié entre septembre 1990 et juin 1998 par la Shōgakukan. Il a été en partie adapté en dessin animé, sous forme d'OAV de treize épisodes avec le titre La Légende de Basara.

L’histoire se déroule au XXIIIe siècle au Japon. Le pays a été dévasté au XXe siècle par une catastrophe dont la nature exacte n’est pas mentionnée. Tōkyō a été submergée par un raz-de-marée qui l’a ravagée ; l’ouest du pays est devenu un désert... Une famille royale dirige le pays : le roi d’or, qui gouverne la capitale, et ses quatre fils, qui s’occupent des provinces. Le roi noir règne sur le nord, le roi bleu sur la région de Seiran, le roi rouge sur l’est, et le roi blanc a préféré se retirer dans les montagnes de Hiei. Tel est le contexte général.

Un jour, dans le territoire sous domination du roi rouge, la femme du chef du village de Byakko accouche de jumeaux : une fille et un garçon. Un prophète annonce que l’un d’eux sera l’étoile qui sauvera le pays.

Douze ans s’écoulent, le garçon a été appelé Tatara, du nom d’une étoile, car tous croient que c’est lui « l’enfant élu ». Il est initié au métier de chef, il prépare la révolution… tandis que sa petite sœur Sarasa grandit dans son ombre. Son père étant trop occupé avec son frère, ce sont Nagui (médecin et prophète) et Kaku qui s’occupent d’elle lui apprenant l’usage des plantes. Le jour de leur anniversaire, à la cérémonie célébrant l’accession à la majorité de son frère, son ami Maa est tué à la place de Tatara par le roi rouge…



Il fallut trois ans au tyran rouge pour découvrir qu’il s’était trompé de cible. Nouvelle attaque, pendant laquelle beaucoup de villageois sont assassinés, dont leur chef et Tatara. Sarasa décide alors de prendre l'identité et le destin de son frère et sauve son village qui reprend courage, croyant que l'enfant élu est toujours en vie. Sarasa jure de tout faire pour se venger du roi Rouge et décide de tendre un piège à son armée. Son plan fonctionnera, mais aura pour conséquence de détruire son village.

Dans une source d’eau chaude peu fréquentée, elle fait la connaissance de Shuri dont elle tombe amoureuse. Toutefois, Shuri porte un autre nom. Roi Rouge.

cf : wikipedia

Video du jeu

Video du manga


Teaser de l'anime Sengoku Basara par Total_Manga